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RFC 868: Time Protocol

Date de publication du RFC : Mai 1983
Auteur(s) du RFC : J. Postel (University of Southern California (USC)/Information Sciences Institute), K. Harrenstien (SRI International)
Statut inconnu, probablement trop ancien
Première rédaction de cet article le 3 septembre 2010
Dernière mise à jour le 4 septembre 2010


Bon exemple d'une ère révolue, où les RFC pouvaient faire deux pages (copyright et autre boilerplate compris), et spécifier un protocole qui s'implémentait en quinze minutes. Celui-ci décrit le protocole Time, qui permettait de récupérer l'heure d'une machine distante.

Le but était de pouvoir synchroniser plus ou moins les horloges, en interrogeant celle d'une machine distante. Certes, la précision d'une telle mesure est faible (car on ne connait pas le temps de retour de l'information, celle-ci est donc déjà dépassée lorsqu'elle arrive) mais cela convenait, à cette époque où NTP était loin dans le futur (NTP est aujourd'hui normalisé dans le RFC 5905).

Difficile de faire plus simple que ce protocole Time. Comme beaucoup de protocole de cette époque (finger, whois, ...), il a un numéro de port réservé, 37. Il suffit de se connecter à la machine distante, sur ce port (en TCP ou en UDP) et on récupère un entier de 32 bits (le RFC ne prend pas la peine de préciser s'il est gros-boutien ou petit-boutien... ; ni d'ailleurs si l'entier est signé ou non) qui indique le nombre de secondes écoulées depuis le 1er janvier 1900 à zéro heure (UTC, même si le RFC utilise encore le vieux terme anglo-saxon-centriste de GMT ; à l'époque, les étrangers restaient à leur place et ne réclamaient pas un temps « universel »). Au fait, pourquoi 1900, époque où les ordinateurs n'existaient pas, plutôt que 1970 qui aurait été plus logique ? Mystère. Les commentaires dans le source d'OpenBSD sont amusants :

/*
 * Return a machine readable date and time, in the form of the
 * number of seconds since midnight, Jan 1, 1900.  Since gettimeofday
 * returns the number of seconds since midnight, Jan 1, 1970,
 * we must add 2208988800 seconds to this figure to make up for
 * some seventy years Bell Labs was asleep.
 */
u_int32_t
machtime(void)
{
        struct timeval tv;

        if (gettimeofday(&tv, NULL) < 0)
                return (0L);

        return (htonl((u_int32_t)tv.tv_sec + 2208988800UL));
}

Si vous êtes fort en calcul, vous avez déjà vu que 32 bits permettront d'aller jusqu'en 2036 (cette valeur de la date limite indique d'ailleurs que les auteurs du RFC pensaient à des entiers non signés, malgré le curieux exemple d'une valeur négative que donne le RFC à un moment). Après, il faudra se résigner à abandonner complètement ce protocole.

En attendant, il existe des mises en œuvre de ce RFC pour tous les Unix, typiquement en passant par inetd. Le service est en général coupé par défaut, car il n'a plus guère d'utilité pratique aujourd'hui. Sur une Debian, on trouve dans /etc/inetd.conf :

#time           stream  tcp     nowait  root    internal
#time           dgram   udp     wait    root    internal

et on peut activer le service en décommentant la ligne time et en rechargeant inetd.

Côté client, le protocole est binaire (son frère, DayTime, normalisé dans le RFC 867, est, lui, en mode texte lisible par un humain) donc telnet n'est pas très utile. Voici un petit programme client en Go qui se connecte à un serveur Time et indique l'heure qu'il y a sur cette machine distante :

% ./time-rfc-868 foo.bar.example
Time at foo.bar.example:37 is 3492608823 (which is Sat Sep  4 17:07:03 UTC 2010)

Le source est en time-rfc-868.go. Merci à Kim-Minh Kaplan pour son déboguage. On peut mettre des bogues dans un programme aussi court.

Pour revenir aux entiers signés ou non, le RFC donne un exemple de valeur négative, qui n'est pas compatible avec les autres données du document. Cela a fait l'objet d'un rapport de bogue.


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