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Aider une francophonie ouverte sur l'Internet

Première rédaction de cet article le 17 février 2006
Dernière mise à jour le 20 février 2006


Régulièrement, se tiennent des colloques ou conférences sur le développement des NTIC dans l'espace francophone. Tout aussi régulièrement sont lancés de Grands Projets pour aider au développement de ladite francophonie, sur un Internet vu comme dominé par les anciennes colonies de la couronne britannique. Ces grands projets ont souvent en commun de coûter cher, d'impliquer des entreprises privées à finalité commerciale, et de sombrer assez rapidement dans l'oubli, souvent sans laisser de traces. Et s'il était temps d'aider une francophonie plus ouverte ?

L'un des échecs les plus frappants concerne un projet commun des Éditions Hachette et de l'AUPELF-UREF pour mettre en ligne un "Dictionnaire Universel Francophone" qui (une fois les subventions touchées) a disparu du réseau... En 1998, le lancement de ce dictionnaire avait été précédé d'une importante campagne de publicité, avec des proclamations comme : « Pour que sa diffusion soit la plus large possible, l'AUPELF-UREF et l'éditeur ont consenti un impressionnant effort financier afin que les moins favorisés puissent acquérir cet ouvrage indispensable. » Hachette a retiré le lien depuis longtemps mais on peut encore voir l'éléphant blanc sur Web Archive. Vue la licence affichée (« Toute reproduction par quelque moyen que ce soit sans autorisation explicite des ayants droit est formellement interdite. »), ce travail est désormais complètement perdu alors que plusieurs personnes avaient pris la précaution de le sauvegarder.

L'histoire de la francophonie est pleine de ces éléphants blancs : on les annonce par une conférence de presse à grand tapage, avec présence de deux ou trois ministres, on trouve un "partenaire industriel" qui va être ravi des subventions étatiques, et deux ou trois ans, après, il ne reste plus rien. L'ex- projet Quaero de "moteur de recherche européen" a suivi le même chemin (lancement sous le patronage du Président de la République en personne, logiciel non-libre, déclarations grandiloquentes remplaçant le travail concret, etc) jusqu'à sa triste fin.

Je propose de changer sérieusement de méthode : pour que l'argent cesse d'être gaspillé dans des projets qui ne laissent rien de leur passage, il faudrait que :

  • On puisse garantir que les résultats du projet soient accessibles à tous, surtout au cas où le projet se termine. Cela implique des licences libres pour le contenu et les logiciels. Par exemple, pour des documents, des projets financés par l'argent public devraient être disponibles sous une licence comme la GFDL ou bien une des licences Creative Commons. Autrement, le partenaire privé peut bloquer éternellement le contenu qui aura été produit.
  • Et que le projet ne soit pas monté de zéro, ce qui rend très incertain son avenir. Il faudrait au contraire aider au développement de projets existants, qui ont déjà démontré sur le terrain leur aptitude à survivre sans subventions. Trois exemples : Wikipédia, ABU (qui met en ligne des ouvrages du domaine public) et revues.org, un système de publication de revues en sciences humaines.

Le modèle de projet de développement de contenu francophone sur Internet devrait donc être centré sur un projet existant : créer une communauté, un état d'esprit, des pratiques sociales prend en effet du temps et il serait dommage de vouloir réinventer la roue.

Pour prendre l'exemple de Wikipédia, on pourrait imaginer les projets suivants :

  • Salarier des contributeurs à Wikipédia. Lorsque le projet se termine, leurs contributions resteront accessibles à tous, sous licence GFDL. Ces contributions peuvent être l'écriture d'articles nouveaux, la correction d'articles existants, la catégorisation, etc.
  • L'organisation d'évenements Wikipédia permettant aux contributeurs de se rassembler dans un lieu où un bon accès réseau leur permettrait de contribuer à Wikipédia sur un thème donné. Par exemple, pendant le festival du cinéma à Ouagadougou, les cinéphiles férus de NTIC pourraient être invités à une soirée Wikipédia dans un local muni d'ordinateurs où ils ajouteraient à Wikipédia ce qu'ils savent sur le cinéma africain (peu mentionné aujourd'hui dans Wikipédia).

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