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Fiche de lecture : La mer des Cosmonautes

Auteur(s) du livre : Cédric Gras
Éditeur : Paulsen
Publié en 2017
Première rédaction de cet article le 1 janvier 2018


Il fait froid dehors, en ce début 2018 ? Voici un livre pour se réchauffer : partez en Antarctique avec les polyarniks russes.

Ce n'est pas un roman, mais un témoignage de l'auteur, qui est allé en Antarctique (en été, quand même…) à bord du Akademik Fedorov et en a rapporté plein d'histoires de travailleurs polaires. Et, oui, la mer des Cosmonautes du titre existe vraiment.

Le temps des explorateurs polaires avec trois types et quinze chiens qui se lançaient à l'assaut du continent blanc est passé : les bases sont maintenant bien plus grandes et peuplées, avec une débauche de matériel. Dans les bases russes, on trouve tous les fleurons de l'ex-industrie soviétique, devenues souvent épaves, de l'Iliouchine 14 au GAZ-69. On est maintenant dans l'exploitation plus que l'exploration. Mais les conditions de vie restent difficiles : le matériel casse, les humains s'épuisent, l'accident guette dès qu'on sort, il faut parfois allumer un feu sous le bulldozer pour qu'il démarre. Et les Russes prennent apparemment moins de précautions avec le matériel humain, alimentant le cimetière qui jouxte une des bases.

Mais pourquoi trouve-t-on des volontaires pour l'Antarctique ? À l'époque soviétique, une des raisons était le prestige attaché au métier de polyarnik. Leur prestige ne le cédait qu'aux cosmonautes, héros souvent cités par les polyarniks nostalgiques « à cette époque, on était quasiment aussi adulés que les cosmonautes », et les gamins dans les cours d'école jouaient en alternance au cosmonaute et au travailleur polaire. Tout ceci s'est effondré avec l'Union Soviétique, au point que, dans certaines bases, il a fallu vendre les breloques à étoile rouge aux touristes états-uniens de la base voisine, pour pouvoir se financer. Il n'y a plus qu'en Biélorussie, gelée dans les années Brejnev, que les polyarniks sont encore accueillis avec médailles et discours, à leur retour.

Aujourd'hui, la Russie continue l'exploitation antarctique, mais avec un nombre de bases réduit. Des nouveaux pays sont venus, et on s'échange les visites de courtoisie, dans ce territoire démilitarisé. Le travailleur polaire continue de bénéficier d'avantages matériels conséquents, et garde un peu de prestige, pas à cause de l'Antarctique, mais à cause des escales exotiques que fait le navire avant d'atteindre le continent blanc. Et puis, certains travailleurs le confient à l'auteur : après plusieurs rotations en Antarctique, ils ne se voient pas vraiment reprendre une vie « normale ».

En ligne, les photos de l'auteur.

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