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Fiche de lecture : Ruling the root. Internet governance and the taming of cyberspace

Auteur(s) du livre : Milton L. Mueller
Éditeur : MIT press

Première rédaction de cet article le 22 juillet 2002


Ce livre est, à ma connaissance, le premier vrai bouquin entièrement écrit sur des arbres morts qui soit consacré uniquement au DNS, pas à sa partie technique (couverte par le O'Reilly) mais à sa partie politique et aux luttes autour de la gestion de la racine (il englobe sous ce terme la gestion du DNS et celles des adresses IP, malheureusement comme toujours le parent pauvre de ces discussions).

Il est écrit d'un point de vue des sciences humaines (droit, économie, science politique, que Mueller convoque pour analyser la formation de la fameuse gouvernance Internet) mais la partie technique a été bien relue et, quoique il y a des erreurs amusantes, elles ne sont pas graves.

Un chapitre 2 très bien fait remet le problème dans le cadre plus général de la gestion des identificateurs (dont le DNS n'est qu'un cas particulier) et analyse pourquoi les adresses Ethernet n'ont jamais déclenché de telles bagarres.

Ensuite, la partie historique est très détaillée, puisque Mueller reprend le problème à sa base, quant Postel avait un coin de bureau et pas de secrétaire pour gérer la racine. On y retrouve les grands moments de l'Internet, du IAHC au gTLD-MOU en passant par le "détournement" de la racine qu'avait tenté Postel.

Mueller n'a pas le défaut courant chez beaucoup de juristes et de politiques qui consiste à prendre pour argent comptant les déclarations publiques et les statuts formels. Analysant ceux de l'ICANN il note que les principales caractéristiques de l'ICANN (notamment le poids du gouvernement US) sont justement non-écrites.

Ensuite, le chapitre 11 passe à la politique. Ici, Mueller ne prend plus de gants. Il réagit en tant que défenseur de la liberté contre les prétentions exorbitantes des propriétaires de marques déposées qui tentent de profiter de l'institutionnalisation de la racine pour s'approprier des pouvoirs supplémentaires, en extension considérable du rôle original des marques. (Les lecteurs de Lawrence Lessig, souvent cité, retrouveront beaucoup de thèmes communs entre ces deux universitaires.)

La conclusion est un mélange de pessimisme et d'optimisme. Je cite le dernier paragraphe, qui conclut un chapitre expliquant qu'il semble difficile de revenir sur la prise du pouvoir par la Fédération du Commerce : But no doubt there are other technologies and systems hatching somewhere, ready to take the world by surprise.

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