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<entry title="Piratage de trois domaines de premier niveau">
  <date>2026-10-08</date>
<content>
  <p>Du 22 au 27 septembre, un inconnu a piraté trois
  <wikipedia name="Registre de noms de domaine">registres de noms de domaine</wikipedia>. L'occasion de
  rappeler, face à plusieurs commentaires erronés, que si un attaquant
  prend le contrôle du <wikipedia name="Nom de domaine">nom de
  domaine</wikipedia>, il peut <emphasis>tout</emphasis> faire (et,
  non, <wikipedia name="Transport Layer Security">TLS</wikipedia> ne
  protège pas).</p>
  <p>Les faits, d'abord, tels que résumés dans <link
  url="https://arstechnica.com/security/2026/10/hackers-obtain-counterfeit-tls-certificates-for-google-and-other-large-services/">cet
  article d'Ars Technica</link>. Un attaquant a piraté, par des moyens
  inconnus, trois <wikipedia name="Domaine de premier niveau national">ccTLD</wikipedia>,
  <computer><wikipedia>.gh</wikipedia></computer>,
  <computer><wikipedia>.sl</wikipedia></computer> et
  <computer><wikipedia>.as</wikipedia></computer>. Ayant apparemment
  le contrôle complet de la base de données, il pouvait modifier les
  noms qu'il voulait, notamment <computer>google.TLD</computer>. (Voir
  <link
      url="https://blog.google/security/chromes-response-to-recent-cctld-registry-hijacks/">le
communiqué de Google</link>.)</p>
  <p>On peut confirmer indépendamment cet article avec <link
  local="dnsdb">DNSDB</link> ou un autre service présentant
  l'historique du <wikipedia name="Domain Name
  System">DNS</wikipedia>. Par exemple pour la <wikipedia name="Sierra Leone">Sierra
  Leone</wikipedia> :
  <code>
% isc-dnsdb-query rrset google.sl/NS    
;;  bailiwick: sl.
;;      count: 105533
;; first seen: 2010-07-09 12:58:00 -0000
;;  last seen: 2026-10-07 03:41:01 -0000
google.sl. IN NS ns1.google.com.
google.sl. IN NS ns2.google.com.
google.sl. IN NS ns3.google.com.
google.sl. IN NS ns4.google.com.

;;  bailiwick: sl.
;;      count: 12
;; first seen: 2026-09-25 04:37:33 -0000
;;  last seen: 2026-09-25 04:47:46 -0000
google.sl. IN NS betty.ns.cloudflare.com.
google.sl. IN NS edward.ns.cloudflare.com.
  </code>
  Notez le <foreign>bailiwick</foreign> montrant que c'est bien le
  <wikipedia name="Domaine de premier niveau">TLD</wikipedia> qui
  était piraté. On voit dans le premier groupe, les <link
  local="serveur-dns-faisant-autorite">serveurs de noms
  normaux</link>, chez <wikipedia>Google</wikipedia>, le deuxième
  groupe étant le piratage. Il a été très vite détecté et corrigé, les
  pirates devraient savoir que quand on pirate un registre, il ne faut
  <emphasis>surtout pas</emphasis> toucher à
  <computer>google.TLD</computer>, c'est le plus surveillé et Google
  est très réactif.</p>
  <p>Et aux <wikipedia name="Samoa américaines">Samoa</wikipedia> ?
<code>
% isc-dnsdb-query rrset google.as/NS
;;  bailiwick: as.
;;      count: 10000346
;; first seen: 2010-06-24 04:28:33 -0000
;;  last seen: 2026-10-08 02:20:05 -0000
google.as. IN NS ns1.google.com.
google.as. IN NS ns2.google.com.
google.as. IN NS ns3.google.com.
google.as. IN NS ns4.google.com.

;;  bailiwick: as.
;;      count: 549
;; first seen: 2026-09-27 03:18:09 -0000
;;  last seen: 2026-09-27 05:30:26 -0000
google.as. IN NS duke.ns.cloudflare.com.
google.as. IN NS mckinley.ns.cloudflare.com.
</code>
  Même chose, deux jours plus tard. (Et
  <computer>google.com.gh</computer>, puisque ce
  <wikipedia>TLD</wikipedia> enregistre au troisième niveau, le 22
  septembre. Merci à Rémy Grünblatt du rappel.)</p>
  <p>Certaines personnes, par exemple dans les commentaires à l'<link
  url="https://arstechnica.com/security/2026/10/hackers-obtain-counterfeit-tls-certificates-for-google-and-other-large-services/">article
  d'Ars Technica</link> n'ont pas compris les conséquences du piratage
  et se sont demandés pourquoi c'est grave puisque <wikipedia
  name="Transport Layer Security">TLS</wikipedia> aurait protégé de
  toute façon. (Notons qu'un commentaire confond <wikipedia name="Registre de noms de domaine">registre
  de noms de domaine</wikipedia> et <wikipedia name="Autorité de certification">AC</wikipedia>… Il ne
  faut pas lire <link local="no-comment">les commentaires</link> si on
  ne veut pas devenir misanthrope.) TLS n'aurait pas protégé tout
  simplement parce que, quand on contrôle le DNS, on contrôle
  <emphasis>tout</emphasis> et on peut obtenir facilement et
  automatiquement un <wikipedia name="Certificat électronique">certificat</wikipedia> (il y a bien
  longtemps que les certificats alloués « manuellement », avec examen
  par un humain, ne sont presque plus utilisés). C'est ce que dit
  l'article d'Ars Technica et on peut le vérifier avec les journaux
  <foreign><wikipedia xml:lang="en" name="Certificate Transparency">Certificate Transparency</wikipedia></foreign>
  (<rfc num="9162" local="true"/>). Si on a la chance de tomber à un
  moment où <computer><link url="https://crt.sh/"/></computer>
  fonctionne (c'est rare), on peut trouver les certificats créés (je n'en vois pas pour <computer>google.com.gh</computer>) : <image
  name="cctld-hijack-2026-sl.png"/> <image
  name="cctld-hijack-2026-as.png"/></p>
  <p>Cette difficulté de certains à comprendre l'ampleur des choses
  qu'on peut faire une fois qu'on a le contrôle d'un <wikipedia
  name="Domaine de premier niveau">TLD</wikipedia> est en partie liée
  au cliché souvent répété « Le DNS, c'est pour traduire des noms en
  adresses IP ». Ce n'est en fait qu'une partie de son rôle mais le
  <wikipedia name="Domain Name System">DNS</wikipedia> sert à bien
  d'autre choses. Par exemple, un commentaire a cité la possibilité,
  pour Google, de mettre un enregistrement CAA (<rfc num="8659"
  local="true"/>), sans comprendre que cela n'aurait servi à rien
  pendant le détournement. (Modulo la mémorisation du CAA dans
  certains <link local="resolveur-dns">résolveurs</link>.) Bref, la
  sécurité des TLD contre ce genre de piratage est cruciale.
 </p>
</content>
</entry>
    
