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Mes débuts avec Twitter

Première rédaction de cet article le 21 septembre 2009
Dernière mise à jour le 23 septembre 2009


Bon, on ne peut pas dire que je sois un pionnier : j'ai ouvert un compte Twitter (http://twitter.com/bortzmeyer) pour la première fois il y a quelques jours seulement, alors que toute la planète utilise ce service depuis longtemps et qu'il a largement été commenté dans les médias. Je peux maintenant informer la planète entière de ce que j'ai mangé à midi ou bien demander des conseils littéraires. Et j'apprends à grand pas les règles et les usages, le rôle du @ et celui du #.

Néanmoins, je peux toujours dire qu'arriver tard a quelques avantages, notamment la grande disponibilité d'outils divers, déjà développés. Par exemple, j'aime beaucoup http://foller.me/ qui affiche plein de statistiques inutiles sur un abonné Twitter (voir les miennes).

J'ai beaucoup hésité avant de sauter le pas mais, en matière d'outils de communication, la règle est simple : la valeur d'un outil provient du nombre de gens qui y sont connectés (loi de Metcalfe). Un outil de communication génial mais que personne n'utilise n'a guère d'intérêt. Or, je constate que des tas de gens très bien utilisent Twitter et que beaucoup d'informations utiles y circulent (pour les informations inutiles, voir un bon résumé dans l'excellent « Le top 10 des relous sur twitter ».)

Twitter est aussi utilisé désormais par des entreprises « sérieuses » pour diffuser de l'information urgente (c'est le cas de la RATP). Des discussions vives ont déjà eu lieu sur des forums comme Nanog au sujet de l'intérêt de communiquer sur Twitter. Pour un acteur de l'Internet, l'un des intérêts est que l'infrastructure de Twitter ne tombera peut-être pas en panne au même moment que celle dont on veut annoncer la défaillance. En revanche, un des problèmes est que les modes passent vite : si une entreprise investit dans la communication via Twitter, elle est raisonnablement sûre de devoir investir dans un gadget plus récent dans un an ou deux, accumulant petit à petit les canaux de communication, ce qui risque de brouiller celle-ci.

Twitter a quelques particularités qui sont rarement évoquées :

  • C'est un service centralisé, où tout passe par un acteur unique. Techniquement, Twitter est un grand recul par rapport à XMPP.
  • Il n'est pas seulement centralisé techniquement mais aussi organisationnellement : une seule société contrôle tout et, comme avec la plupart des services « 2.0 », vos données ne vous appartiennent plus (quel utilisateur de Twitter a lu les règles d'utilisation ?).
  • Twitter est accessible par de très nombreux moyens techniques. J'ai lu des gens qui refusaient d'utiliser Twitter avec des arguments du genre « Pas question de passer par un navigateur Web pour suivre les nouvelles » mais cet argument ne tient pas, le navigateur n'est qu'une des innombrables options possibles.

Pour cette dernière raison, des discussions sur « Le meilleur outil de veille, RSS ou Twitter » sont un peu à côté de la plaque, puisqu'on peut suivre Twitter en RSS... (Et probablement l'inverse.)

Twitter étant un grand succès, il n'est pas étonnant que les identificateurs Twitter deviennent désormais aussi convoités que dans d'autres domaines. Ainsi, la SNCF a déjà vu son nom lui échapper (c'est une violation directe des règles d'utilisation mais cela se fait quand même.)

Personnellement, pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à la messagerie instantanée, ce qui est le cas de Twitter, j'utilise l'excellent logiciel Pidgin. Il a deux greffons pour faire du Twitter, pidgin-twitter et microblog-purple, qui est celui que j'utilise. On en trouve une bonne documentation en How to Add Twitter in Pidgin (Windows/Linux).

Son installation, sur une machine Debian, consiste simplement en :

wget http://microblog-purple.googlecode.com/files/mbpurple-0.2.3.tar.gz
tar ...
sudo aptitude install libpurple-dev pidgin-dev
make
sudo make install

Et le résultat ressemble à : twitter-pidgin.png

S'il y a tant de clients Twitter différents, c'est en bonne partie parce que Twitter dispose d'une API très simple. Elle permet le développement de plein de gadgets rigolos comme par exemple l'envoi des messages de commits de Subversion (pour lequel il existe même plusieurs méthodes).

Pour le programmeur Python qui veut utiliser cette API, le plus simple est d'installer le paquetage python-twitter. On peut ensuite faire des choses comme :


>>> import twitter
>>> api = twitter.Api(username='MONNOM', password='MONMOTDEPASSE') 
>>> status = api.PostUpdate(u"Envoyé grâce à l'API de Twitter et python-twitter")

(La lettre u devant la chaîne de caractères est pour bien expliquer qu'on veut de l'Unicode, la chaîne comptant des caractères composés.) On peut ensuite lire cette passionnante information.

Un exemple plus sophistiqué est celui que j'utilise pour prévenir, sur Twitter, des nouveautés de mon blog. Le programme Python est très simple, il extrait automatiquement le titre à partir du source XML et essaie juste de faire tenir le titre et l'URL dans la limite de Twitter, les fameux 140 caractères :

max_twitter = 140
...
rest = max_twitter - len(url) + 1
if len(title) > rest:
    shorttitle = title[:rest-3] + "..."
else:
    shorttitle = title
message = u"%s %s" % (shorttitle, url)

Il existe bien d'autres outils pour faire du Twitter depuis la ligne de commande, par exemple, toujours en Python, Twyt.

Bien sûr, Twitter n'est pas le seul outil centralisé de microblogging et on me recommande souvent Identi.ca, qui travaille uniquement avec du logiciel libre et s'engage à ne pas abuser des données personnelles. J'ai aussi un compte sur identi.ca mais, pour l'instant, je n'ai pas l'impression qu'il y aie autant de monde que sur Twitter. Et je n'ai pas encore testé l'API. (Il en existe une version compatible avec Twitter.)

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