Je suis Charlie

Autres trucs

Accueil

Seulement les RFC

Seulement les fiches de lecture

Mon livre « Cyberstructure »

Ève

Exposition sur l'histoire du CD-ROM et conférence Technostalgia

Première rédaction de cet article le 3 juillet 2026


Du 18 au 20 juin 2026, à Luxembourg, se tenait une exposition scientifique sur l'histoire du CD-ROM et la conférence Technostalgia.

L'exposition sur l'histoire du CD-ROM montrait des CD-ROM divers, des explications, des exemples de technologies proches, qui n'ont pas été le même succès, des livres et journaux qui rappellent que c'était tout un écosystème très dynamique. expo-cd-rom-panneau.jpg expo-cd-rom-livres.jpg

On voyait des CD-ROM de Flight Simulator (puisque les jeux, à l'époque, étaient distribués sur CD-ROM), et bien sûrs les kits de connexion Internet expo-cd-rom-kit-connexion.jpg.

Mais le mieux, dans l'exposition, était la possibilité de faire fonctionner les programmes sur de vraies machines de l'époque avec Windows 95 ou 98. On pouvait insérer le CD-ROM, répondre à plein de questions (comme le type de Sound Blaster présent dans le PC) et jouer. Et retrouver le plaisir des plantages. expo-cd-rom-crash.jpg

Et il y avait de l'art, aussi expo-cd-rom-art.jpg

La conférence Technostalgia était une conférence scientifique dédiée au phénomène de technostalgie, le souvenir agréable de technologies anciennes… qui n'étaient pas forcément si agréables sur le moment ! D'ailleurs, Jesper Verhoef a commencé par une dénonciation du mythe « c'était mieux avant », en expliquant que les technologies du passé, comme celles du présent, avaient des problèmes. Par exemple, le walkman promouvait l'individualisme, et le fax avait commencé à effacer la frontière entre temps de travail (au bureau) et repos (à la maison). Et le Minitel, que des passionnés continuent à faire vivre aujourd'hui, était un gouffre financier pour ses utilisateurs, et un système centralisé et fermé.

Till Heilmann a parlé de l'histoire du format GIF, qui a été pendant longtemps le principal format de distribution d'images (beaucoup de CD-ROM étaient des collections d'images GIF). Il a insisté sur le fait que regarder aujourd'hui ces images ne nous donne pas une bonne idée de ce qu'on voyait à l'époque, les logiciels et les écrans ayant changé. Sa démonstration utilisait d'ailleurs un émulateur MS-DOS, un logiciel de CompuServe (Compushow alias CSHOW.EXE) et le CD-ROME CARRS pour le contenu. À l'époque, utiliser un CD-ROM nécessitait de savoir répondre à des questions comme « avez-vous du VGA ? ». Pour ses recherches, il a dû écrire son propre analyseur GIF (inutile de dire que ni les logiciels de l'époque, ni les images, ne suivaient correctement la spécification, pourtant largement disponible).

Johanna Arnesson et Evelina Liliequist ont parlé de l'introduction de l'Internet au grand public en Suède au début des années 1990. L'une des chercheuses avait même relu son journal intime d'adolescente de l'époque « aujourd'hui, j'ai surfé sur Internet, c'était super ». Pourtant, il fallait noter sur le papier les adresses des sites Web intéressants, et les faire circuler au lycée. Mais cette soudaine ouverture sur le monde semblait extraordinaire. Et, comme souvent en technostalgie, un son ennuyeux à l'époque (le long sifflement du modem) réveille aujourd'hui de bons souvenirs.

Julien Mailland et Kevin Driscoll, eux, faisaient revivre des services Minitel (« vous envoyez beaucoup d'argent et vous recevez du contenu ; exactement comme l'App Store »). Certes, le PAVI n'existe plus (encore que des passionnés ont, curieusement, re-créé un équivalent de ce symbole du réseau contrôlé et pompe à fric) mais les Minitels ont toujours pu parler directement aux serveurs via le réseau téléphonique et cette possibilité est encore utilisée aujourd'hui. Par contre, les auteurs ont critiqué les limites de la reconstitution (re-enactment) : elle n'est jamais parfaitement réaliste, tout n'est pas reconstitué (certaines technologies sont privilégiées) et surtout la reconstitution est déconnectée des conditions politico-économiques de l'époque.

Dans la séance finale, Benjamin Thierry a également mentionné ce fait que la technostalgie est sélective et qu'elle ne garde que les aspects sympathiques du passé. La technostalgie est aussi une technamnésie. En outre, elle est souvent élitiste « ah, c'était mieux avant que tous ces idiots ne débarquent ».

Merci à Valérie Schafer, à tous ceux et toutes celles qui ont contribué à cette exposition et cette conférence expo-cd-rom-presentation.jpg

Version PDF de cette page (mais vous pouvez aussi imprimer depuis votre navigateur, il y a une feuille de style prévue pour cela)

Source XML de cette page (cette page est distribuée sous les termes de la licence GFDL)